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Journée d’étude : Repenser la peste : approches environnementales et interspécifiques

L’ouvrage Peste noire de Patrick Boucheron ne propose pas seulement une nouvelle lecture d’un épisode majeur de l’histoire médiévale : il opère un déplacement plus profond dans notre manière de construire les objets des sciences sociales. En mobilisant les apports de la génomique, de la paléoanthropologie et des sciences de l’environnement, il invite à reconfigurer les cadres à partir desquels la peste a été pensée – qu’il s’agisse de ses temporalités, de ses espaces ou de ses modes de transmission. Le but de cette journée d’étude est de déployer le type d’articulation disciplinaire proposé par Patrick Boucheron.

En effet, selon l’historien, les données de la génomique sont à la fois théoriquement inévitables et politiquement bienvenues : ainsi, en montrant que les squelettes découverts en Angleterre appartenaient à des individus à la peau noire ou que les tombes des guerriers vikings étaient en réalité des tombes de guerrières, « la paléogénomique s’attache méthodiquement à décevoir ses anciens dévots, suprémacistes blancs, masculinistes et brexiters » (p. 63).

L’ouvrage en appelle donc à une interdisciplinarité sereine : loin de « remplacer » les sciences sociales, les sciences naturelles apparaissent plutôt comme une occasion de remettre en question certaines évidences historiographiques, telles que le rôle exclusif du rat dans la diffusion de la maladie ou le centrage européen du récit. Patrick Boucheron invite alors à « une histoire naturelle de la peste noire qui ne soit ni naturaliste ni historiciste, mais écrite après la nature et après l’histoire » (p. 68). La peste apparaît alors moins comme un événement strictement humain que comme un phénomène situé à l’intersection de multiples formes de vie et de milieux. À partir de ce cas, cette journée d’étude entend interroger plus largement les effets de l’intégration des sciences du vivant dans les sciences sociales. Que fait aux disciplines historiques, anthropologiques ou philosophiques l’usage de données génétiques ou environnementales ? Comment articuler des régimes de preuve, des échelles d’analyse et des formes de causalité hétérogènes ? Et dans quelle mesure ces approches transforment-elles les catégories mêmes avec lesquelles nous pensons les phénomènes sociaux et historiques ? Il ne s’agira donc pas seulement de discuter de la peste en tant qu’objet historique, mais d’en faire un terrain d’expérimentation pour une réflexion plus générale sur les recompositions contemporaines du savoir. En ce sens, la journée vise à explorer les conditions d’une interdisciplinarité qui ne se limite pas à juxtaposer les approches, mais qui engage une redéfinition des questions, des méthodes et des objets.

Pour consulter le programme :

Prix de thèse de l’Association française d’histoire des entreprises (AFHE) 2026 attribué à Denis Eve

Le département d’Histoire de l’Université Paris Cité félicite chaleureusement Denis Eve qui a été récompensé du prix de thèse de l’Association française d’histoire des entreprises (AFHE).

Sa thèse, intitulée « La sidérurgie cistercienne en Champagne méridionale et Bourgogne septentrionale à l’Époque moderne (de la fin du XVe siècle à la Révolution française), a été soutenue le 9 décembre 2025 sous la direction de Liliane Hilaire-Pérez (UPCité).

Résumé :

Cette étude de la sidérurgie cistercienne à l’époque moderne en Champagne méridionale et Bourgogne septentrionale s’intéresse à la production de fer dans des usines appartenant à quatre abbayes de l’ordre de Cîteaux : Auberive, Clairvaux, La Crête et Longuay, actives dans ce secteur dès le XIIe siècle. Si la période médiévale est bien connue, l’Époque moderne ne l’est quasiment pas. Pourtant, cet intervalle de trois siècles est fondamental. Il correspond à l’adoption par les moines blancs à la fin du XVe siècle d’une nouvelle méthode de fabrication du fer, le procédé indirect, et à son développement jusqu’à sa pleine maturité au XVIIIe siècle. L’apport du temps long est de pouvoir suivre pendant trois cents ans l’évolution d’une activité industrielle à travers un propriétaire unique. Il est ainsi possible d’appréhender dans son ensemble l’impact environnemental d’une innovation technique majeure. En effet, les abbayes cisterciennes vont mettre, en grande partie, à disposition des locataires de leurs forges et fourneaux leur patrimoine. Celui-ci est à la fois juridique, avec les droits sur l’eau, foncier avec les terres d’où est extrait le minerai, sylvicole, avec les vastes domaines forestiers et immobilier, avec les différents établissements sidérurgiques. Ce travail de recherche croise donc à la fois d’histoire des techniques, de l’environnement et économique. C’est une réflexion sur la consommation de matières premières et d’énergie d’un nouveau procédé de fabrication. Cette activité à des conséquences sociétales, économiques et environnementales par la transformation du milieu et sur les pollutions induites. L’approche reprend le traditionnel triptyque eau, bois et minerai de fer de la sidérurgie moderne. Ainsi, le procédé indirect réclame de nouvelles installations sidérurgiques qui nécessitent la force d’une énergie hydraulique pour faire tourner les roues. Les abbayes bâtissent donc un patrimoine sidérurgico-hydraulique. Les différentes usines (forges, hauts-fourneaux, lavoirs à mine, bocard) profitent de la maîtrise de l’eau cistercienne (aménagements hydrauliques et connaissance des sites) pour s’installer. Cependant, leur confrontation avec la réalité, principalement les besoins concrets en énergie et les conflits locaux modifie ce patrimoine jusqu’à la fin du XVIIe siècle. Le contrôle de cette énergie essentielle requiert un entretien permanent et coûteux. La mise en place du nouveau système technique bouleverse aussi la consommation de matières premières. La principale d’entre elles, le bois, est utilisée comme matériau de construction et surtout comme énergie thermique dans les différents foyers de fusion et de forgeage. Sa gestion, grâce à une sylviculture durable avec l’instauration d’une révolution des coupes, est soutenue par une politique forestière monarchique de plus en plus intrusive. Malgré l’ordonnance de 1669, le système atteint ses limites à la fin du XVIIIe siècle, quand se multiplient les tensions et se répand la conscience d’une disette de bois. L’autre matière première sollicitée est le minerai de fer. Les techniques d’extraction assez simples à seulement quelques mètres de profondeur bouleversent les qualités pédologiques des sols et créent des tensions dans des communautés majoritairement agricoles. Néanmoins, l’activité est appuyée par une règlementation royale, dont les maîtres de forges profitent largement. Les abbayes cisterciennes soutiennent le développement du procédé indirect qui bénéficient de leur patrimoine, surtout forestier, et assurent jusqu’à 50 % de leurs revenus à la fin du XVIIIe siècle. La nouvelle méthode change en profondeur le rapport à l’environnement, ce dont les cisterciens profitent en devenant des rentiers du bois grâce à leur immense domaine forestier. Cependant, cette sidérurgie n’a plus de réelles spécificités cisterciennes, les abbayes se comportant comme n’importe quels autres grands seigneurs.

Le travail des L3 du département d’histoire mis en valeur par la Bibliothèque de l’Académie nationale de médecine

Maladie et mort de Léopold, duc de Lorraine (1679-1729)

Une partie du cours de L3 en histoire de la médecine à l’époque moderne (HI06Y080 Histoire de la médecine et de la santé dans l’Europe moderne, Université Paris Cité) est consacrée à la transcription, à l’édition et à l’analyse de documents manuscrits dans une perspective d’initiation à la recherche. Le fonds récemment inventorié et numérisé de l’Académie royale de chirurgie offre des possibilités riches et variées pour des travaux individuels et collectifs.

Le dossier consacré à la « maladie et mort de Léopold, duc de Lorraine » a été retenu, au cours de l’année universitaire 2024-2025, pour son ampleur limitée, la cohérence de l’ensemble et la diversité des questions abordées. Il apparaît assez inhabituel dans le fonds. Il ne s’agit ni du fonctionnement de l’Académie, ni d’une des nombreuses observations soumises à l’institution et dont les académiciens établissent un rapport. Il est composé essentiellement de lettres adressées par Léopold, duc de Lorraine (1679-1729) à La Peyronie (1678-1747) en 1722 et 1723, avant la création de l’Académie, et qui ont été conservées parmi ses papiers.

C’est une fistule anale qui justifie la correspondance marquée par les hésitations du duc quant à l’opportunité d’une opération douloureuse et son recours aux remèdes d’un empirique. Des considérations sociales et politiques se mêlent aux enjeux strictement thérapeutiques. Le dossier se conclut par un bref compte rendu de l’ouverture du cadavre post mortem en 1729.

L’ensemble est constitué de 20 pièces, conservées sous la cote BANM, ARC 8 d8 n° 1-20 et relatives à la maladie et à la mort de Léopold, duc de Lorraine, datées de 1722-1723 et de 1729.

Retrouvez les transcriptions de deux de ces lettres dans le billet publié par François Zanetti (UPCité) sur le site de la Bibliothèque de l’Académie nationale de médecine : https://bibliotheque.academie-medecine.fr/arc8_d8_n1-20_leopold/

Séminaire d’hommage à Daniel HEMERY (1932-2025), historien de l’Indochine et du Vietnam

Dans le cadre du cours Sociétés et Etats d’Asie du Sud-Est face aux Occidentaux de Claire Tran, vous êtes cordialement invité à participer au Séminaire d’hommage à Daniel HEMERY (1932-2025), historien de l’Indochine et du Vietnam, un an après sa disparition.

Lieu et horaire :

Université Paris Cité, CESSMA, esplanade Vidal Naquet, Paris 13 e
15 avril 2026 13h – 15h30 (Halle aux farines, 1e étage, salle 171E)

Intervenant.es :

  • Andrew Hardy (EFEO) : Le séminaire des études vietnamiennes à Paris 7 au tournant des années 1980-1990
  • Patrice Morlat (chercheur indépendant) : Ce que dois à Daniel Hémery et à son oeuvre
  • Gilles Manceron (ancien rédacteur en chef de la revue de la Ligue des droits de l’homme, Hommes et Libertés) : Daniel Hémery et la Ligue des droits de l’Homme en Indochine.
  • Alain Ruscio (chercheur indépendant) : Poulo Condore, l’autre face
  • Claire Tran (Univ Paris Cité) : L’Indochine à l’âge des extrêmes : protestations et révolutions

Table ronde : autour de l’ouvrage L’impossible famille RIvière. Retour sur un triple meurtre en 1835, de Jeanne Favret-Saada

À l’occasion de la parution de L’impossible famille Rivière. Retour sur un triple meurtre en 1835 (éditions Gallimard, 2026), une table ronde aura lieu le lundi 4 mai 2026 de 17h à 19h à l’EHESS – Hall (54, bld Raspail – 75006 Paris) autour de l’ouvrage et en présence de son autrice Jeanne Favret-Saada.

Dans ce livre, Jeanne Favret-Saada revient sur un demi-siècle de recherches autour du mémoire de Pierre Rivière, rendu célèbre par l’ouvrage collectif Moi, Pierre Rivière, ayant égorgé ma mère, ma sœur et mon frère, présenté par Michel Foucault, auquel elle avait elle-même participé. Jeanne Favret-Saada en livre aujourd’hui une nouvelle et passionnante analyse.

Cette rencontre sera l’occasion de discuter avec Gabrielle Houbre et Cédric Terzi des enjeux scientifiques et méthodologiques soulevés par ce travail, ainsi que des perspectives qu’il ouvre dans le champ des sciences sociales.

Intervenant·e·s :

  • Jeanne Favret-Saada 
  • Gabrielle Houbre (Université Paris Cité, CERILAC)
  • Cédric Terzi (Université Lille III, CEMS)

Organisation et animation :

  • Arnaud Esquerre (CNRS – EHESS, IRIS)
  • Léonore Le Caisne (CNRS, CEMS)

Parution : Le Livre de poche de Salomon Hyman

L’ouvrage Le Livre de poche de Salomon Hyman. Juifs, commerce et industrie entre Paris et Londres au XVIIIe siècle, écrit par Liliane Hilaire-Pérez (UPCité) avec la collaboration de Bernard Vaisbrot vient de paraître aux éditions Albin Michel dans la collection L’Evolution de l’Humanité.

Le livre de poche de Salomon Hyman, rapiécé, transporté au fil de ses incessants voyages à travers la Manche, est l’archive d’une expérience : celle de l’insertion d’un marchand juif ashkénaze de Franconie dans le commerce franco-anglais qui polarise l’économie européenne à la fin du XVIIIe siècle.

Table des matières

Introduction

Première partie : LE POCKET-BOOK DE SALOMON HYMAN

1. Le livre en main. Une archive comptable de la pratique

Un banal carnet de comptes

Une technique en partage : écrire pour agir

Le carnet, au plus près de Hyman

2. De fil en aiguille. Actes de la pratique et technicité de l’histoire

Lire la langue de Hyman

Identifier le réseau de Hyman

Classer les transactions de Hyman : les lexiques verbaux

Le traitement d’une archive de la pratique comptable multi-lexicale

Deuxième partie : HYMAN, UN PORT JEW ENTRE PARIS ET LONDRES

3. Entrepreneuriat juif et économie du produit

Un marchand ashkénaze entre mercerie et manufactures

Hyman, « médiateur de la sélection »

Au coeur d’un « milieu technique »

4. Réseaux ashkénazes et structuration des échanges marchands

Morphologie des réseaux de Hyman : polycentrisme et interculturalité

La ville de Hyman : travailler avec les Juifs à Paris au XVIIIe siècle

Des réseaux en actes

Conclusion. Continuité des milieux et décentrement du récit

Annexe. Dans l’atelier de la recherche : méthodologie du déchiffrage

Colloque : Rareté, exploitation et subsistance : savoirs et pratiques dans les mondes impériaux (XVIIe–XIXe siècles)

Ce colloque est coorganisé par Lavinia Maddaluno (IEA de Paris; Université Ca’ Foscari de Venise), Raphaël Morera (CRH, CNRS-EHESS) et François Zanetti (Université Paris Cité, ECHELLES), avec l’appui des laboratoires CRH (EHESS) et ECHELLES UMR 8264 (Université Paris Cité).

Fermé au public en présentiel. Possibilité de suivre via Zoom. 
Voir Modalités de participation ci-dessous.

Présentation 

Comme le souligne l’agenda de l’Union européenne pour 2024–2029, et en particulier les ODD (Objectifs de développement durable) « Faim zéro » et « Consommation responsable », la rareté alimentaire (en anglais, scarcity) demeure au cœur de l’économie politique moderne et de l’élaboration des politiques contemporaines. Plus largement, le concept de rareté, alimentaire ou non, a récemment suscité un intérêt croissant dans l’historiographie de l’histoire environnementale, des savoirs et des empires coloniaux.

Dans ce cadre, les histoires globales et comparées jouent un rôle central, en permettant de mettre en lumière les multiples problématiques incarnées dans le concept de rareté à différentes échelles et dans divers espaces géographiques. L’équivalent anglais du terme, scarcity, issu de l’ancien français escarceté, désignait à l’origine une « insuffisance de l’offre » ou une disette, indiquant ainsi un moment chronologiquement limité, appelé à être suivie d’une période d’abondance. Toutefois, au XIXᵉ siècle, l’économie classique a contribué à “essentialiser” la notion de rareté, en en faisant l’un de ses postulats fondamentaux, reflétant la tension entre l’offre et la demande. Elle l’a ainsi transformée en une condition générale structurant le rapport entre économie et société, c’est-à-dire les multiples négociations entre acteurs sociaux face aux processus d’extraction et de gestion des ressources naturelles.

Cette journée d’études propose une réflexion sur les manières dont la rareté a été pensée, gouvernée et construite dans les empires de l’époque moderne. Elle réunit des historiennes et des historiens autour des dimensions matérielles, sociales et politiques de la rareté, à la croisée de l’histoire environnementale, économique, coloniale et des savoirs. Structuré en trois sessions thématiques (« Rareté et ressources », « Population et subsistance », « Penser et gouverner la rareté »), l’atelier examine les tensions liées à l’exploitation des ressources naturelles, aux pénuries alimentaires, au manque de main-d’œuvre et à la représentation (à la fois cartographique et conceptuelle) de la rareté dans différents contextes impériaux et coloniaux ainsi que dans les économies de plantation. Les études de cas, du Brésil à l’Amérique du Nord en passant par les empires portugais et français, couvrent un large arc chronologique allant du XVIIᵉ au XIXᵉsiècle et mettent en lumière la circulation des savoirs, des pratiques, et des dispositifs de gouvernement. La JE vise également à poser une question plus fondamentale : celle de l’identification des différentes catégories d’acteurs et de leurs rôles respectifs dans la problématisation de la rareté, ainsi que dans la production, la circulation et la mise en œuvre des savoirs et des pratiques mobilisés pour répondre à ces défis.

Coorganisé par Lavinia Maddaluno, Raphaël Morera et François Zanetti, avec l’appui du CRH (EHESS) et d’ECHELLES (Université Paris Cité), l’atelier se conclura par une table ronde animée par Steven Kaplan. En interrogeant la rareté non comme un simple “manque”, mais comme une construction historique centrale dans les logiques impériales, visant à légitimer l’exploitation et l’extraction des ressources naturelles dans les colonies d’outre-mer, cette rencontre entend renouveler l’analyse des rapports entre exploitation, subsistance et pouvoir.

Programme

Accueil des participants et café
9h00-9h45

Introduction par Lavinia Maddaluno (IEA de Paris, Université Ca’ Foscari de Venise)
9h45-10h15

Session 1
Rareté et ressources

10h15 – 11h30
Discutant: Raphaël Morera (CRH, CNRS-EHESS)

Claudia Damasceno Fonseca (EHESS; CRBC)

● De l’état de nature à la discipline du travail: la rareté comme dispositif de gouvernement

Louise McCarthy (Sorbonne Université, VALE/Université Paris Cité, ECHELLES)

● Le mirage du riz sec: acclimatation impériale, déconnexion des savoirs et solutionnisme dans l’époque des Lumières coloniales

Session 2
Population et subsistance

11h45-13h00
Discutante: Elisa Lopes da Silva (Universidade Nova de Lisboa; IHC)

Patrícia Martins Marcos (Université de Oklahoma, EUA)

● “All are useful, all are men, and all are good:” Population Scarcity and Racial Tinkering in Eighteenth-Century Brazil

Alessandro Stanziani (EHESS; CNRS; CRH)

● Pénuries de bras ou de nourriture? Le dilemme du XIXe siècle.

Déjeuner pour les participants
13h00-14h30

Session 3
Penser et gouverner la rareté

14h30 – 16h10
Discutant: François Zanetti (Université Paris Cité, ECHELLES)

Alvise Capria (EHESS; Lier-Fyt)

● English colonists in the pursuit of abundance in ‘virgin land’ in early 17th-century North America

Rachel Tils (Université de Chicago)

● Internal Economies, Policing, and Food Scarcity under Slavery in the Eighteenth-Century Antilles, 1776-1789

Les mangroves de Bahia: exploitation et raréfaction des ressources (Brésil, XVIIe-XVIIIe siècles)

Gilles Narcy (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne/Università degli Studi di Milano-Statale)

Remarques finales et table ronde
16h45-18h00
Steven Kaplan (Université Cornell)

Avec la participation de:
Pietro Corsi (EHESS)
Luca Mocarelli (Université Milano Bicocca)

Modalités de participation

L’atelier est fermé au public en présentiel. Toutefois un lien Zoom est disponible pour ceux qui le souhaitent.
Pour toute demande de participation ou d’informations sur l’événement, nous vous invitons à contacter Lavinia Maddaluno par mail : lavinia.maddaluno@unive.it

Journée d’étude : Les Qualités de l’eau

La journée d’étude interdisciplinaire Les qualités de l’eau, organisée par Marine Bellégo et François Zanetti, se tiendra le vendredi 27 mars 2026 à l’Université Paris Cité, (bâtiment Olympe de Gouges, salle 209). Elle est soutenue par la Traverse Environnement / Santé de l’UMR 8264 ECHELLES.

Programme

9h : Accueil des participant·e·s

9h15 : Introduction

9h30: Qualifier les eaux : composition et décompositions

  • Julien Bouchez, IPGP : La chimie des rivières, témoin du fonctionnement de la “zone critique” de la Terre.
  • Sophie Vasset, Université PV Montpellier/IRCL : Le parler des eaux dans la littérature thermale du 18e siècle.
  • Élias Burgel, Université de Caen /Université Toulouse 2 – Jean Jaurès : “Noire comme de l’encre et très puante”. Les pêcheurs de lagune et les savoirs de la “malaïgue” ou “mauvaise eau” (bas Languedoc, 18e siècle).

11h30: Comparer les eaux : approches sensibles

Déjeuner

13h45: Garantir une eau de “bonne qualité” : approvisionnement, contrôle, traitement

  • Laurent Moulin, Eau de Paris, R&D : Origine, traitement et contrôle de l’eau potable à Paris.
  • Mathieu Eychenne, Université Paris Cité/ECHELLES et Elodie Vigouroux, Université Lyon 2/CIHAM : Les trois vies de l’eau à Damas au Moyen Âge.
  • Patrick Fournier, Université Clermont-Auvergne : Menaces et vertus de l’eau de boisson en France (fin 17e – début 18e siècle).

15h30: Les bienfaits de l’eau : pratiques et usages

  • Oriane Bonnal, Marne Vive : (Re)Nager en Marne : enjeux et critères de baignabilité.
  • Armel Cornu, Uppsala/Paris Cité/SPHERE : Les savoirs sur les eaux en contexte colonial : médecine, chimie et esclavage à Saint-Domingue.
  • Edouard Marsoin, Université Paris Cité/ECHELLES : Les bienfaits de l’eau de Croton dans la littérature étatsunienne antebellum.

17h30: Alexandre Ouizille, sénateur de l’Oise,S

Sur les pratiques des industriels de l’eau en bouteille et les responsabilités des pouvoirs publics dans les défaillances du contrôle de leurs activités, à propos de la commission d’enquête dont il a été le rapporteur.

Parution : Japon, des femmes d’exception, numéro hors-série de la revue Historia

Un numéro hors-série de la revue Historia intitulé Japon, des femmes d’exception est paru en février 2026 et consacre plus de quatre-vingts pages à l’histoire des femmes du Japon, de la préhistoire à nos jours.

Dix-sept spécialistes de l’histoire, de la société et de la culture du Pays du Soleil Levant, dont Nathalie Kouamé (UPCité, CESSMA), ont contribué à sa fabrication.

Pour commander ce numéro hors-série sur le site de la revue : ici

Colloque international : L’ennemi rouge. La figure communiste dans les processus d’ennemisation contemporains (XXe-XXIe s.)

Ce colloque, organisé par Ernesto Bohoslavsky (CNRS-Mondes Américains/CRALMI) et Alexandre Rios-Bordes (Université Paris Cité – ECHELLES) se situe dans le sillage des évolutions historiographiques en histoire du (ou des) communisme(s) et du (ou des) anticommunisme(s), notamment marquées, au cours des deux dernières décennies par l’extension des perspectives aux échelles transnationales et globales.
Il se conçoit donc comme un moment de réflexion sur les articulations entre l’échelle globale et les arènes nationales et locales au cours de la longue Guerre froide, et au-delà.
Il s’agit dès lors d’interroger, en situation, ce que l’injection de la figure ou du trope de l’ennemi communiste a fait – a pu faire – à de multiples situations conflictuelles locales ; et symétriquement, sur un mode mineur, ce que ces conflictualités locales ont pu faire à la confrontation et aux anticommunisme(s) à l’échelle globale.

PROGRAMME

Jeudi 12 mars 2026

Amphithéâtre Turing
Université Paris Cité, Bâtiment Sophie Germain
Place Aurélie Nemours, Paris 13e

9h / Introduction : Ernesto Bohoslavsky & Alexandre Rios-Bordes
9h30 / Keynote : Rodrigo Patto Sá Motta (Universidade Federal de Minas Gerais)

10h15 – 12h15 / Table 1 : L’ennemi politique
Présidé par : Olivier Dard
• Filippo Barsi (Scuola Normale Superiore, Pisa)
• Antoine Limare (Université d’Orléans, SIRICE)
• Thibaut François (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, CHS)
• Katerina Hatzikidi (Universität Tübingen)

13h15 – 15h15 / Table 2 : L’agent soviétique
Présidé par : Sophie Coeuré
• Aritra De (Texas Tech University)
• Adrien Nery (Université Paris 8, Institut Français de Géopolitique)
• Molly Avery (University of Sheffield)

15h30 – 17h / Table 3 : Un étranger de l’intérieur
Présidé par : Ernesto Bohoslavsky
• Daniel J. Fernández Guevara (Instituto Universitario de Investigación en Estudios Latinoamericanos, Universidad de Alcalá)
• Pilar González Bernaldo de Quirós (Université Paris Cité, Mondes Américains)
• Ebony Nilsson (Institute for Humanities and Social Sciences, Australian Catholic University)


Vendredi 13 mars 2026

Auditorium de l’Humathèque
Campus Condorcet
10, Cours des Humanités, Aubervilliers

9h – 11h / Table 4 : Ennemis de l’État
Présidé par : Jean-François Fayet
• Yann Philippe (Université de Reims, CENA-Mondes Américains)
• Thomas Beaumont (Liverpool John Moores University) et Tim Rees (Exeter University)
• Maxime Launay (IRSEM, SIRICE)
• Etienne Bordes (Université Paris-Est Créteil, CEDITEC)

11h15 – 12h45 / Table 5 : Des ennemis de la religion
Présidé par : Alexandre Rios-Bordes
• Mario Virgilio Santiago Jiménez (Instituto de Investigaciones Dr. Mora)
• Samuel Libeau (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, CRALMI-Mondes Américains)
• Julian Sandhagen (Istituto Storico Germanico, Roma – Humboldt Universität) et Natalie Schwabl (Sorbonne Université, SIRICE)

13h30 – 15h / Table 6 : L’autre ethnique et racial
Présidé par : Rodrigo Patto Sá Motta
• Kostas Katsoudas (Panteion University)
• Olivier Maheo (Université Paris 8 – IHTP)
• Ximena Espeche (Universidad Nacional de Quilmes, CONICET)

15h15 – 17h15 / Table 7 : Le marginal et le dégénéré
Présidé par : Rodrigo Nabuco de Araujo
• Suchetana Chattopadhyay (Jadavpur University)
• Ghislain Graziani (Université Paris-Cité – Università di Bologna)
• Tatiana Salazar Cortez (Université Paris Nanterre, CRIIA) et Nils Breton (Université Sorbonne Nouvelle, CREDA)
• Magdalena Broquetas et Virginia Martínez (Universidad de la República)

17h15-18h : Discussion plénière

Contacts : alexandre.rios-bordes@u-paris.fr et ebohoslavsky@ehess.fr